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L'isolation par l'extérieur pour accroitre l'efficacité énergétique

24 mars 2022
Par Myriam Drouin

Est-ce qu’isoler par l’extérieur pourrait augmenter la performance de l’enveloppe et ainsi permettre d’atteindre des hauts standards énergétiques ? Une étude sur les performances énergétiques de l’ossature légère en bois s’intéresse à ce type d’isolation.

Légère, économique, efficace et résistante, l’ossature légère en bois domine la construction de petits bâtiments en Amérique du Nord. Ce système constructif est traditionnellement isolé par l’intérieur, c’est-à-dire que l’isolant thermique est installé entre les éléments structuraux en bois.

Afin de déterminer si l’isolation par l’extérieur pourrait permettre d’améliorer les performances énergétiques de l’ossature légère et ainsi contribuer à préserver son rôle dans la construction résidentielle, tout en adaptant ce système à la construction de bâtiments de grandes surfaces, Alexis Caron-Rousseau a réalisé une maitrise à la Chaire industrielle de recherche sur la construction écoresponsable en bois (CIRCERB) de l’Université Laval, en collaboration avec l’APCHQ.

Ce projet de recherche a permis une analyse comparative de différentes compositions d’enveloppes pour des ossatures légères en bois. Plus précisément, trois compositions d’enveloppes isolées par l’extérieur ont été comparées avec une composition d’enveloppe de référence, plus traditionnelle, isolée par l’intérieur.

L’assemblage plus traditionnel possédait tout de même un recouvrement des ponts thermiques composé d’un panneau rigide extérieur. Des essais à grande échelle en laboratoire ont permis la comparaison de la performance hygrothermique et de l’étanchéité à l’air de ces différentes compositions d’enveloppe. Le risque de prolifération de moisissures dans ces différents assemblages a, quant à lui, été évalué grâce à la modélisation numérique.

Les résultats obtenus par l’étudiant ont démontré le potentiel de l’isolation entièrement à l’extérieur. Ce système offre plusieurs avantages, dont celui d’assurer une efficacité supérieure de l’isolation thermique pour répondre aux exigences des codes du bâtiment. Il a aussi le potentiel de fournir une étanchéité à l’air supérieure lorsqu’un panneau rigide étanche est employé et d’assurer le contrôle de l’humidité en maintenant un taux de séchage élevé.

Un taux de séchage plus élevé Les résultats de la simulation suggèrent que, dans des conditions d’exposition très défavorables, les assemblages isolés par l’extérieur présentent un taux de séchage plus élevé permettant ainsi une légère diminution de l’indice de prolifération de moisissure. En revanche, ces assemblages présentent une moins bonne performance acoustique. Pour y remédier, les matériaux isolants posés à l’extérieur de la cavité structurale doivent être sélectionnés en fonction de leur performance acoustique.

Face à une réglementation énergétique de plus en plus stricte, il est légitime de travailler à améliorer la performance des bâtiments. Ce projet de maitrise a démontré le potentiel de l’isolation par l’extérieur pour améliorer ce bilan énergétique. Il est toutefois important de souligner que la performance de ces assemblages dépend fortement du respect de bonnes pratiques lors de la phase de construction du bâtiment. L’entreposage des matériaux à un endroit sec et protégé de la pluie ainsi que le soin apporté aux détails, notamment pour assurer l’étanchéité du système pare-air, sont primordiaux afin d’atteindre les objectifs désirés.

Cette étude, en partenariat avec l’APCHQ, était la première phase d’un projet qui a pour objectif final la construction d’un bâtiment résidentiel afin d’étudier la performance de l’approche de l’isolation uniquement par l’extérieur, c’est-à-dire sans isoler la cavité murale, sur un bâtiment résidentiel visé par la partie 9 du CCQ.