Aller au contenu principal
x

Réduire l’empreinte carbone des bâtiments par l’intégration du bois

10 avril 2024
Par Fannie St-Gelais, PA LEED BD+C, PA WELL

Bâtiment durable Québec CHRONIQUE DE BÂTIMENT DURABLE QUÉBEC
Consulter toutes les chroniques

Décarbonation des bâtiments et intégration du matériau bois dans leur design vont de pair. Coup d’œil.

Le bois possède des qualités biophiliques et intrinsèques qui permettent de réduire et de séquestrer le carbone. Tous systèmes confondus, la structure d’un bâtiment représente plus de 70 % des émissions de GES associées à ce dernier. Selon une analyse de Cecobois basée sur le projet Square Équinox 2 (Pointe-Claire), l’emploi d’une structure en bois massif aurait permis de réduire les GES de 728 888 kg éq. CO2, soit une diminution de 49 % comparativement à une structure en béton (Écohabitation, Rapport final, 2022). En comparaison, une structure en bois d’ingénierie a le potentiel de générer 65 % moins de GES qu’une structure en béton.

Politique d’intégration du bois dans la construction

En 2019, le gouvernement du Québec lançait la Politique d’intégration du bois dans la construction. Cette politique vise à augmenter l’utilisation du bois dans la construction dans l’objectif de favoriser le développement durable de toutes les régions du Québec et de réduire l’empreinte carbone des bâtiments. Elle s’applique aux infrastructures publiques, parapubliques et privées (résidentielles et non résidentielles) et s’oriente autour de cinq axes d’intervention : 1) Engagement gouvernemental à l’exemplarité; 2) Règlementation; 3) Recherche et innovation; 4) Formation et soutien technique; 5) Rayonnement.

Le Plan de mise en œuvre 2021-2026 (PMO) de la Politique d’intégration du bois dans la construction permet de réaliser les engagements du gouvernement du Québec. Ce plan favorise l’atteinte des objectifs de lutte contre les changements climatiques et la croissance économique de la province du Québec. L’une de ses mesures porte sur la rédaction de fiches techniques qui appuieront l’évolution de la règlementation. Le gouvernement applique notamment un processus de collecte de données pour valider les résultats escomptés dans le cadre du suivi et de l’évaluation du PMO. Ceci permettra de bonifier la réflexion et d’accompagner les initiatives gouvernementales au-delà des années 2021-2026.

Des projets exemplaires

La France a mis en place la RE 2020 (réglementation environnementale 2020) et a établi des seuils pour le logement collectif allant de 740 kg CO2/m2 (2022) à 490 kg CO2/m2 (2031) en considérant le carbone intrinsèque et opérationnel. Afin d’atteindre les objectifs, les Français se doivent d’accélérer la transition écologique par l’intégration d’innovations. Par exemple, le Centre Aquatique conçu pour les Jeux olympiques de Paris 2024 est construit avec une structure en bois massif.

Le Québec montre plusieurs projets exemplaires en structure de bois massif tels que le siège social de la CNESST, l’Aéroport régional de Rouyn-Noranda, le siège social d’Ed Brunet et Associés, l’Aéroport de Chibougamau-Chapais, etc.

Plusieurs projets référents peuvent également être relevés en Ontario, dont Limberlost Place, 12 avenue Ossington, Caserne de pompiers de Port Stanley.

Les avantages du bois dans un bâtiment

L’utilisation du bois massif dans la construction de nouveaux bâtiments possède plusieurs avantages :

  • Les propriétés du matériau (compression, traction, résistance à l’enfoncement et performance sismique);
  • Les frais d’exploitation grâce à la rapidité d’installation en chantier;
  • La performance de l’enveloppe thermique;
  • La résistance au feu;
  • La valorisation d’une ressource locale et renouvelable grâce à notre industrie forestière;
  • L’impact positif sur la santé et le bien-être des occupants (biophilique).

Conclusion

Le Québec agit en faveur de la décarbonation des bâtiments construits sur son territoire. Le projet de loi 41 – Loi édictant la Loi sur la performance environnementale des bâtiments et modifiant diverses dispositions en matière de transition énergétique (MELCCFP) est un bel exemple de progrès. Maintenant, il serait nécessaire de se concentrer sur la règlementation, et d’autoriser la construction en bois massif pour les bâtiments de grande hauteur.

 

*L’auteure est titulaire d’un DEC en architecture et d’un certificat en estimation de la construction, Responsable du développement durable, NEUF architect(e)s